Quand on dresse la liste des grandes destinations plein air françaises, on pense spontanément aux Alpes, aux Pyrénées, à la Bretagne ou aux gorges de l’Ardèche. Les Vosges, elles, arrivent rarement en premier, et c’est précisément ce qui fait leur charme. Autour de Gérardmer, le massif aligne pourtant tout ce qu’un amateur de vacances nature peut espérer : des lacs où se baigner, des centaines de kilomètres de sentiers, des itinéraires VTT, des fermes-auberges où reprendre des forces et une fréquentation qui reste raisonnable, même au cœur de l’été. Tour d’horizon d’une destination qui mérite mieux que son statut d’outsider.

Des lacs glaciaires pour se baigner et pagayer
C’est la signature du secteur : trois lacs d’origine glaciaire alignés dans un rayon de dix kilomètres. Le lac de Gérardmer, le plus grand lac naturel du massif, concentre les activités nautiques, baignade surveillée en été, paddle, pédalo, canoë, voile, avec un tour complet d’environ 5,5 km qui se parcourt à pied ou à vélo. Le lac de Longemer, plus sauvage, séduit les campeurs installés sur ses rives. Quant au petit lac de Retournemer, enchâssé dans un cirque forestier, c’est le spot photo du coin. Pour les familles, l’eau des lacs vosgiens en août a un argument imparable : elle est nettement plus accueillante que celle des lacs alpins d’altitude.
Randonnée : du sentier familial au GR5
Le massif est quadrillé par les sentiers du Club Vosgien, l’une des plus anciennes fédérations de randonnée d’Europe, dont le balisage méticuleux est réputé chez les marcheurs. Autour de Gérardmer, on compose selon son niveau : boucles familiales autour des lacs, cascades du Saut des Cuves, montée vers les chaumes du Hohneck (1 363 m) et sa vue sur la plaine d’Alsace, ou traversée au long cours par le GR5 et le GR533. Le célèbre sentier des Roches, taillé dans les falaises entre le col de la Schlucht et Frankenthal, offre l’un des parcours les plus spectaculaires du nord-est, réservé aux marcheurs sûrs de leur pied.
Bonus non négligeable : ici, la randonnée se pratique réellement toute l’année. Jonquilles au printemps, chaumes fraîches en été, forêts de hêtres flamboyantes en automne, et les mêmes itinéraires en raquettes dès que la neige s’installe.
VTT, gravel et cols mythiques
Côté vélo, le secteur joue sur tous les tableaux. Les vététistes disposent d’itinéraires balisés en forêt au départ de Gérardmer et de La Bresse, du parcours roulant autour des lacs aux pistes du bike park de La Bresse à la belle saison. Les routiers, eux, viennent cocher les cols : la Schlucht, la Grosse Pierre, le Bonhomme, des ascensions régulières, jamais extrêmes, parfaites pour se tester sans exploser. Et le réseau de petites routes forestières fait du coin un terrain de gravel encore confidentiel.
Fermes-auberges : l’étape qui justifie l’effort
Impossible de parler des Hautes Vosges sans évoquer leur institution : la ferme-auberge. Ces exploitations d’altitude servent le repas marcaire traditionnel, tourte fumée, collet, roigabrageldi (pommes de terre longuement confites) et munster fermier, au terme des randonnées. On y monte à pied, on redescend repu. C’est l’anti-restauration touristique : des produits de la ferme, des prix sages et des terrasses face aux vallées.
En redescendant vers Gérardmer, la ville elle-même vaut l’étape : marchés, confiseries artisanales et animations rythment la saison. Pour organiser votre programme sur place, ce guide de que faire à Gérardmer recense les activités et rendez-vous du secteur au fil de l’année.
Et si vous troquiez la toile de tente contre un chalet ?
Le camping reste la porte d’entrée classique des Vosges, et les rives de Longemer comptent parmi les plus beaux emplacements du massif. Mais pour une escapade en couple, un séjour hors saison ou simplement l’envie de conjuguer nature et confort, l’hébergement insolite a de sérieux arguments dans le secteur.
À quelques minutes de Gérardmer, dans le village de Barbey-Seroux, Les Atypiques Chalets illustrent bien cette montée en gamme de l’offre vosgienne : trois chalets A-Frame, cette architecture triangulaire née des montagnes nord-américaines, posés en pleine nature, à l’écart de l’agitation des stations. Chaque chalet avec spa privatif dans les Vosges dispose de son propre bain nordique chauffé au feu de bois avec jets de balnéothérapie : après une journée de sentiers ou de VTT, la récupération se fait dans une eau à 38 °C face à la forêt. Un sauna et une salle de sport complètent l’équipement. L’esprit camping en version quatre saisons, sans les courbatures du matelas de sol.
Quand partir ?
C’est l’autre force du massif : il n’y a pas de mauvaise saison. L’été pour les lacs et la baignade, l’automne pour les couleurs et les fermes-auberges au calme, l’hiver pour le ski et les raquettes à La Bresse-Hohneck, le plus grand domaine skiable du nord-est, et le printemps pour les jonquilles et les sentiers déserts. Comptez trois nuits minimum pour combiner lacs, crêtes et table marcaire sans courir. Les Vosges ne cherchent pas à impressionner ; elles fidélisent. La plupart de ceux qui y goûtent une fois reviennent.



